Demain : quel profil pour être directeur financier ?

Dans un environnement économique en profonde mutation, marqué par les phénomènes de globalisation et de digitalisation, toutes les professions comptables et financières semblent impactées. Celle très prestigieuse de directeur financier (CFO pour les anglo-saxons) n’est pas épargnée.

Deux études récentes réalisées par les cabinets EY (anciennement Ernt&Young) et Robert Half mettent en évidence les changements en-cours et à venir dans la fonction de directeur financier.

Un directeur financier de plus en plus difficile à « profiler »

L’étude de EY (i), réalisée par enquête auprès de 769 directeurs financiers dans le monde, met en avant quatre principales forces qui impactent la fonction de directeur financier :

  • le digital : l’automatisation de nombreuses activités récurrentes, le développement de technologies de traitement et d’analyse automatisés des données susceptibles de modifier les processus et les business models
  • le big data : la possibilité grâce aux nouvelles technologies de collecter et d’analyser de manière fine des données permettant potentiellement d’améliorer la planification et la prise de décisions
  • risques et volatilité : la multiplication des risques technologiques, environnementaux, juridiques, sociaux, politiques…
  • parties prenantes et réglementation : la prise en compte des attentes des parties prenantes (investisseurs, clients, activistes, fournisseurs, Etat…) et la mise en application des règlementations environnementales et sociales.

La mutation de la fonction de directeur financier du fait des technologies de l’information est aussi soulignée aussi par l’étude de Robert Half (ii) (entretiens auprès de 200 professionnels de la finance).

D’après cette étude, l’un des grands défis actuels des directeurs financiers est le pilotage de la transformation digitale. Au-delà du pilotage de cette transformation, il s’agit pour le directeur financier, sur la base d’analyses de données pointues, d’aider à la détection des opportunités de développement, de contribuer à l’amélioration de la productivité, d’aider à une efficacité accrue en matière de communication interne et externe.
Sous l’influence des facteurs ainsi identifiés, mais aussi de la spécificité des contextes organisationnels, l’étude EY souligne qu’il est de plus en plus difficile de décoder l’ADN du directeur financier tant les profils et les intitulés de poste se diversifient.

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Directeur Financier : une fonction de plus en plus politique ?

Les difficultés de profilage des CFO se manifestent clairement dans le profil académique des jeunes directeurs financiers, qui ne sont que 23% à détenir un diplôme de comptabilité alors que ce taux tourne autour de 45% dans les générations précédentes (étude EY). Par ailleurs, ces jeunes directeurs financiers sont en quête de compétences en gestion d’équipe et leadership (63%) vu qu’ils devront de plus en plus gérer des centres de services partagés pluridisciplinaires.
Selon l’étude EY, pour devenir CFO demain, il sera moins question de compétences techniques en comptabilité – finance, mais d’un subtil mélange de savoir-faire en : comptabilité et finance, digital et analyse de données, leadership et communication, gestion des risques technologiques et juridiques.

D’après l’analyse de Robert Half, en termes de savoir-être, les quatre premières qualités que les CFO devront développer dans le futur sont : leadership, flexibilité (ouverture au changement), communication, vision stratégique. Sur le plan technique, les compétences en systèmes d’information sont largement citées (45% des répondants). Viennent ensuite les compétences en normes comptables, en règlementation et gestion des risques, en analyse de données.

En définitive, les compétences nécessaires sont tellement diversifiées qu’on peut supposer que la nomination du directeur financier résultera plutôt d’enjeux politiques, celui ou celle-ci étant entouré(e) de spécialistes en charge des enjeux plus techniques.

Ces mutations interrogent directement le contenu des formations aux métiers comptables et financiers. Face à une telle diversité de savoirs à acquérir, comment trouver un équilibre entre la formation académique et celle réalisée sur le terrain ?

En effet, une formation trop académique génère le risque d’acteurs inaptes à répondre aux enjeux pratiques. Une formation trop axée sur la pratique génère le risque d’acteurs ayant peu de recul pour innover dans leurs pratiques et adeptes de comportements mimétiques. Or, dans le contexte actuel, il faut surtout être capable d’analyser pour innover !!!

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i Le rôle du CFO : déterminé ou déterminant ?, EY, 2016, ey.com/fr/adnducfo
ii La finance d’entreprise en 2020, Robert Half, 2016, https://www.roberthalf.fr/notre-groupe/nos-publications/la-finance-en-entreprise

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