Le management de la responsabilité sociétale : nouveau cadre d’action du contrôleur de gestion

Selon Boisvert et Vivien (i) , « Lancée depuis le début des années quatre-vingt, la notion de développement durable a connu un succès qui ne s’est pas démenti depuis ».

Au niveau des organisations, la problématique du développement durable est traitée via la notion de « responsabilité sociale ou sociétale des entreprises et organisations».

Au cœur de ce concept de responsabilité sociétale, on retrouve principalement les questions suivantes :

  • comment créer de la richesse (performance économique) ?
  • comment assurer le bien-être des salariés au travail (performance sociale) ?
  • comment contribuer à la « non détérioration » de l’environnement (performance environnementale) ?

Dans ce contexte, on peut définir le management de la responsabilité sociétale comme l’ensemble des démarches et actions qui permettent à l’organisation de répondre aux enjeux économiques, sociaux et environnementaux auxquels elle est confrontée.

Dimensions du management de la responsabilité sociétale
Dimensions du management de la responsabilité sociétale

De nombreuses entreprises définissent aujourd’hui leur politique managériale au regard de ces enjeux, faisant ainsi du management de la responsabilité sociétale le nouveau cadre d’activité du contrôleur de gestion.

Pour comprendre encore mieux ce qu’on entend par « management de la responsabilité sociétale », regardons du côté de la norme ISO 26000 qui apparaît aujourd’hui comme une référence en la matière.

L’ISO 26000 a été adoptée en 2010, et contrairement aux autres normes ISO « elle ne vise pas la certification, mais elle a l’ambition de devenir le texte mondial de référence incontournable » en matière de responsabilité sociétale des organisations (ii).

Elle définit la responsabilité sociétale comme la « responsabilité d’une organisation vis-à-vis des impacts de ses décisions et de ses activités sur la société et sur l’environnement, par un comportement transparent et éthique qui : contribue au développement durable, incluant la santé et le bien-être de la société, prend en compte les attentes des parties prenantes, respecte les lois en vigueur et est compatible avec les normes internationales de comportement, est intégré dans l’organisation et mis en œuvre dans ses relations ».

Cette norme propose une vision globale de la responsabilité sociétale en abordant sept questions centrales :

  • gouvernance de l’organisation,
  • droits de l’homme,
  • relations et conditions de travail,
  • management environnemental,
  • loyauté des pratiques,
  • satisfaction des consommateurs,
  • développement local.

Au-regard de ces questions, la démarche  l’ISO 26000 propose une démarche fondée sur sept principes que sont :

  • la responsabilité de rendre compte,
  • la transparence,
  • le comportement éthique,
  • le respect des intérêts des parties prenantes,
  • le respect du principe d’égalité,
  • le respect des normes internationales de comportement,
  • le respect des droits de l’homme.

La mise en œuvre de l’ISO 26000 s’appuie sur deux démarches préalables :

  • l’identification des dimensions de la responsabilité sociétale de l’organisation,
  • l’identification et le dialogue avec les parties prenantes (salariés, fournisseurs, clients, associations, autorités locales…).

Une fois ces aspects abordés, il s’agit de mettre en œuvre des actions concrètes pour gouverner l’organisation, satisfaire les fournisseurs, les clients et les acteurs locaux, assurer le bien-être des salariés au travail, contribuer à la protection de l’environnement

C’est dans ce contexte managérial que le contrôleur de gestion doit exercer aujourd’hui ses missions.

Par ses attributions classiques (aide à la décision économique, budgétisation et contrôle budgétaire) , il contribue à la maitrise des ressources affectées aux activités économiques, aux projets sociaux et environnementaux. Les tableaux de bord dont il assure en général la coordination permettront une vue d’ensemble des indicateurs relatifs aux dimensions de la responsabilité sociétale (économie, environnement, social).

Enfin, dans ce nouveau contexte, le contrôleur de gestion pourrait devenir un expert en matière de contrôle de gestion environnemental.

_________________________________________________
i Valérie Boisvert et F.D. Vivien, « Le développement durable: une histoire de controverses économiques. », in Aubertin Catherine, Vivien F.D. Le développement durable: enjeux politiques, économiques et sociaux, La Documentation Française, Les Etudes de la Documentation Française (Paris, 2006), 15-48.

ii M. Capron, F. Quairel-Lanoizelée, et M-F. Turcotte, ISO 26 000: une Norme « hors norme »? Vers une conception mondiale de la responsabilité sociétale, Economica, Recherche en Gestion (Paris, 2011).

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